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S’il  est  une  société  synonyme
          de  dépaysement,  voyages,  nouveaux
          horizons,  il  s’agit  bien  de  l’armée.  En
          déplacement continuel depuis la nuit des
          temps, que ce soit pour défendre le pays
          d’une frontière à l’autre ou conquérir de
          nouveaux  territoires,  l’homme  a  rendu
          le soldat mobile. Les affiches des troupes
          coloniales  en  sont  une  belle  évocation
          haute  en  couleurs.  Les  missions  d’assis-
          tance aux populations, de mise en œuvre
          d’accords  de  coopération  militaire  ou  la
          création du droit d’ingérence ont démulti-
          plié  ce  que  le  militaire  nomme  désormais
          opérations  extérieures  (OPEX),  opérations
          intérieures  (OPINT)  ou  missions  de  courtes
          durées (MCD). Bref le soldat est nomade.
                  Or  un  de  ses  principaux  vecteurs de  déplacement  est  ce  que  les
          américains surnommaient durant la Seconde Guerre mondiale : « pedestrian
          problem ». Pour traduire simplement : les pieds. Si certains climats ou configu-
          rations géographiques permettent d’évoluer nu pied, l’homme a rapidement su
          imaginer des solutions pour protéger son meilleur moyen de locomotion. De la
          simple peau entourant le pied, il est passé aux chaussures confortables, étanches,
          légères  et  populaires.  Grolle,  galoche,  brodequin,  riboui,  godasse,  godillot,
          soulier,  sabot,  espadrille,  rangers,…  ses  noms  varient  en  fonction  de  sa
          qualité, de sa forme, de son usage.
                  Armes et bagages ne pouvaient tenir entièrement sur un homme parti
          de son foyer, de sa caserne de plus en plus longtemps. Il lui fallut donc des
          caisses, des boites pour contenir voire protéger ce qui ne pouvait être porté en
          permanence. Il créa donc des emballages pour ses bien précieux que sont ses
          coiffes les plus fragiles  ou celles d’apparat. Multiforme, de matériaux variés
          et à la qualité variable, le meuble de transport le plus populaire a été et est
          encore  la  cantine.  Personnelle  ou  collective,  elle  est  accompagnée  des
          contenants spécifiques à chaque matériel.
                 A  pied,  à  cheval,  en  avion,  en  bateau  ou  en  véhicules  motorisés
          terrestres,  le  soldat  voyage  en  permanence,  parcourant  autant  le  territoire
          national  que  le  reste  du  monde.  La  colonisation  mais  aussi  les  conflits  ont
          développé  cette  tradition  pluriséculaire.  Son  équipement  l’accompagne  en
          permanence,  plus  ou  moins  fourni.  Mais  il  revient  toujours  plus  riche  :
          souvenirs immatériels gravés pour toujours dans son esprit et qu’il ne livre
          qu’avec parcimonie au travers de ses lettres ou de ses mémoires ; objets qui
          formeront un patrimoine vivant exempt de fossilisation.

                                                 Capitaine Anthony LEROUX
                                                 Conservateur du Musée du Sous-Officier
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